Bio-béton : comment fonctionne le béton autocicatrisant, prix et limites

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Mis à jour le 26 octobre 2026 · Chiffres vérifiés le 26 octobre 2026

Ce qui a changé le 26 octobre 2026

  • Largeur de fissure corrigée : environ 0,46 mm mesurés en laboratoire, et non « 1 mm » (valeur annoncée par des fabricants).
  • Les « 200 ans » ne sont pas une durée de vie testée, mais une durée de dormance des spores annoncée en 2015 et jamais démontrée.
  • Béton romain : explication mise à jour d’après l’étude du MIT publiée le 6 janvier 2023 ; exemples de chantiers non vérifiables retirés.
  • Ajout du prix, de la disponibilité et de la situation en France (Avis technique, assurance), et d’un tableau des preuves.

Le bio-béton, ou béton bactérien, est un béton qui contient des spores de bactéries et leur nourriture : quand l’eau entre dans une fissure, les bactéries se réveillent et fabriquent du calcaire qui la rebouche. En laboratoire, il a refermé des fissures d’environ 0,46 mm, contre 0,18 mm pour le même béton sans bactéries, à condition d’être immergé dans l’eau. Il coûte plus cher qu’un béton classique et reste rare : au 26 octobre 2026, nous n’avons trouvé ni distributeur ni prix public en France.

L’essentiel

  • Le principe : des spores de Bacillus et du lactate de calcium, logés dans des granules d’argile expansée, produisent du carbonate de calcium dans la fissure.
  • Il faut de l’eau liquide : dans un essai belge, à 95 % d’humidité sans eau liquide, les fissures ne se sont refermées qu’à 17 % au plus.
  • Le surcoût annoncé va de +6 % à près du double par mètre cube selon les sources, des estimations établies hors de France, pour la plupart en 2015.
  • En France, faute d’Avis technique ou d’ATEx trouvés, le bio-béton relèverait des techniques non courantes : l’entreprise doit alors le déclarer à son assureur avant le devis.
  • Pour une fissure chez vous, la priorité reste le diagnostic de sa cause par un professionnel, pas un béton qui se répare seul.

Qu’est-ce que le bio-béton ?

Le bio-béton est un béton auquel on ajoute un agent cicatrisant biologique : des spores de bactéries et un nutriment, qui produisent du carbonate de calcium pour boucher les fissures fines. L’un des procédés les plus étudiés a été mis au point par le microbiologiste Henk Jonkers à l’université de technologie de Delft (TU Delft), aux Pays-Bas. Ce procédé lui a valu d’être finaliste du Prix de l’inventeur européen 2015, dans la catégorie Recherche, de l’Office européen des brevets. Dans ce procédé, les spores et du lactate de calcium, qui leur sert de nutriment, sont enfermés dans des granules d’argile expansée ajoutés au béton frais, de 2 à 4 mm selon l’Office européen des brevets.

Ses effets restent limités. Le bio-béton colmate des fissures fines, de l’ordre de quelques dixièmes de millimètre en laboratoire, et seulement quand de l’eau liquide y pénètre. Il rend le béton de nouveau étanche, mais il ne répare ni une fissure large, ni la cause d’une fissure, et il ne remplace pas une réparation structurelle.

« Béton bio » : de quel béton parle-t-on ?

L’expression « béton bio » désigne au moins trois matériaux différents, et seul le béton bactérien est conçu pour se réparer de lui-même. Tout béton referme toutefois naturellement ses fissures très fines en présence d’eau. Les autres sont dits « bio » parce qu’ils contiennent des matières végétales ou parce qu’ils émettent moins de CO₂.

Ce que l’on appelle « béton bio »PrincipeSe répare seul ?
Béton bactérien (bio-béton)Bactéries et nutriment qui produisent du calcaireOui, fissures fines et humides
Béton biosourcéChènevotte, copeaux de bois liés à la chaux ou au cimentPas d’agent dédié (cicatrisation naturelle limitée)
Béton bas carboneCiment moins riche en clinkerPas d’agent dédié (cicatrisation naturelle limitée)
Sources : compilation de la rédaction à partir des sources citées dans l’article. Valeurs vérifiées le 26/10/2026.

Si vous cherchez un matériau biosourcé pour construire, voyez plutôt le béton de chanvre, un béton biosourcé, les bétons de bois ou notre panorama des alternatives écologiques au béton traditionnel, signalé plus bas.

Comment le béton bactérien se répare-t-il tout seul ?

Le béton bactérien se répare par précipitation de carbonate de calcium induite par des microbes (MICP, pour microbially induced calcium carbonate precipitation) : l’eau qui entre dans la fissure réveille les spores, qui consomment le nutriment et déposent du calcaire. Dans la revue HERON (2011), Henk Jonkers attribue la cicatrisation, « probablement », à la conversion du lactate de calcium en carbonate de calcium par les bactéries.

  1. Le béton durcit : les spores restent en dormance dans leurs granules.
  2. Une fissure fine apparaît et l’eau s’y infiltre.
  3. Au contact de l’eau et du nutriment, les bactéries se réactivent.
  4. Elles produisent du carbonate de calcium, qui se dépose et referme la fissure.

Quelles bactéries survivent dans le béton ?

Seules des bactéries capables de former des spores et de supporter un milieu très alcalin survivent dans le béton, comme Bacillus pseudofirmus et Bacillus cohnii, utilisées dans le procédé de TU Delft (Office européen des brevets). Le béton est très basique : dans une étude de l’université de Binghamton (Luo et al., 2018), le pH d’un milieu de culture placé au contact du béton est passé de 6,5 à 13. D’après une revue scientifique publiée dans le Journal of Composites Science (Luhar et al., 2022), des spores non protégées ne survivent qu’environ deux mois dans le béton ; dans les granules d’argile, aucune perte de viabilité n’a été mesurée après six mois.

Voie lactate ou voie urée : quelle différence ?

On distingue surtout deux voies biologiques : la voie uréolytique, qui décompose l’urée et reste la plus étudiée, et la voie lactate, qui ne produit pas d’excès d’ammoniac (Luhar et al., 2022). Le procédé de Henk Jonkers repose sur la voie lactate (HERON).

VoieExemple de bactérieNutrimentSous-produit
LactateBacillus pseudofirmus, Bacillus cohniiLactate de calciumPas d’excès d’ammoniac
UréolytiqueSporosarcina pasteurii (anciennement Bacillus pasteurii)UréeAmmoniac
Sources : Luhar et al., Journal of Composites Science, janvier 2022 ; Office européen des brevets, avril 2015. Valeurs vérifiées le 26/10/2026.

Jusqu’à quelle largeur de fissure le bio-béton fonctionne-t-il ?

En laboratoire, le bio-béton de TU Delft a refermé des fissures jusqu’à 0,46 mm après immersion dans l’eau, contre 0,18 mm pour le même béton sans bactéries. Ce résultat vient de l’étude de Wiktor et Jonkers publiée en 2011 dans Cement and Concrete Composites. Il faut le comparer à la capacité naturelle de tout béton : un béton ordinaire referme déjà de lui-même des fissures fines, de moins de 0,2 mm selon la revue de Luhar et al. (2022), et jusqu’à 0,14 mm environ dans des essais sur mortier soumis à des cycles humide et sec (projet HealCON). Le fabricant néerlandais Basilisk annonce davantage, jusqu’à 1 mm « selon le dosage » pour son agent ajouté au béton neuf, sans publication indépendante équivalente.

Notre comparatif

Fissures refermées : ce qui est mesuré et ce qui est annoncé

Ce tableau classe les largeurs de fissure citées pour le béton autocicatrisant selon la solidité de la preuve, de l’étude publiée à la simple déclaration commerciale.

Largeur de fissureCe qui la refermeConditionsNiveau de preuve
Moins de 0,2 mmTout béton, sans additifPrésence d’eauRevue scientifique (Luhar et al., 2022)
Jusqu’à 0,14 mm environMortier sans additifCycles humide et secProjet européen HealCON (CORDIS)
0,15 mmBio-béton de TU DelftLaboratoireArticle scientifique (Jonkers, HERON, 2011)
0,46 mm (contre 0,18 mm sans bactéries)Bio-béton de TU DelftImmersion dans l’eauArticle scientifique (Wiktor et Jonkers, 2011)
Environ 0,28 mm, étanchéité retrouvée à 96 %Spores de Bacillus sphaericus (aujourd’hui Lysinibacillus sphaericus) microencapsuléesLaboratoireProjet européen HealCON (CORDIS)
De 0,06 à 0,25 mm selon la face, fermeture complèteAgent bactérien uréolytique (essais de contrôle d’un chantier belge)Alternance humide et secArticle scientifique (Van Mullem et al., 2020)
17 % de fermeture au plusMême agent bactérienAir à 95 % d’humidité, sans eau liquideArticle scientifique (Van Mullem et al., 2020)
0,8 mmLiquide de réparation ER7 (Basilisk)Non préciséesDéclaration du fabricant
1 mmHealing Agent (Basilisk), ajouté au béton neuf« Selon le dosage »Déclaration du fabricant

Hypothèses : les essais n’ont pas été conduits dans les mêmes conditions et ne sont pas directement comparables ; les résultats de laboratoire ne se transposent pas tels quels sur un chantier. Sources : celles citées dans chaque ligne, consultées le 26/10/2026.

Pourquoi le bio-béton a-t-il besoin d’eau ?

Les bactéries ne travaillent qu’au contact de l’eau liquide : sans elle, la fissure ne se referme presque pas. Lors des essais de contrôle en laboratoire de la première application à grande échelle en Belgique, avec un agent bactérien uréolytique, publiés dans la revue Materials (Van Mullem et al., 2020), les fissures se sont refermées à 17 % au plus dans un air à 95 % d’humidité relative. Avec des cycles humide et sec, des fissures se sont refermées complètement jusqu’à 61 à 245 µm (0,06 à 0,25 mm environ) selon la face de l’éprouvette. Le bio-béton vise donc surtout des ouvrages régulièrement mouillés ou soumis à des cycles humide et sec, comme des ouvrages enterrés, des bassins ou des parois exposées à la pluie. Il a peu d’intérêt pour une dalle intérieure sèche, où l’humidité de l’air ne suffit pas.

Le béton de champignon existe-t-il vraiment ?

Le béton autoréparant au champignon reste une piste de laboratoire. L’équipe de Congrui Jin, à l’université de Binghamton (État de New York), a testé le champignon Trichoderma reesei pour combler les fissures. En janvier 2018, l’université indiquait que ces recherches en étaient encore à un stade « assez précoce ». Aucun produit commercial n’en est issu à notre connaissance. À ne pas confondre avec les matériaux en mycélium (briques, panneaux isolants), où le champignon sert de liant et non de réparateur.

Le béton romain était-il déjà autocicatrisant ?

En partie, mais sans bactéries : le béton romain contenait des grains de chaux qui se dissolvent dans les fissures puis recristallisent en carbonate de calcium. C’est la conclusion d’une équipe du MIT dirigée par Admir Masic, publiée dans Science Advances le 6 janvier 2023. Ces grains, appelés clastes de chaux, viendraient d’un « mélange à chaud » avec de la chaux vive. Lors des essais, des fissures se sont refermées en deux semaines, alors que l’échantillon témoin sans chaux vive ne s’est pas refermé (MIT News, 6 janvier 2023). Ce mécanisme chimique est distinct du bio-béton, qui repose sur une activité biologique. Selon MIT News (19 août 2026), la start-up Dmat, cofondée en 2021 par Admir Masic, commercialise désormais des additifs pour béton et mortier et des mortiers prêts à l’emploi inspirés de ce béton romain.

Combien coûte le bio-béton ?

Selon les sources, le surcoût va de +6 % (bas de la fourchette de l’Office européen des brevets) à près du double (RICS) du prix d’un béton classique, et les bactéries seules coûtent environ 1 100 € le kilo. En 2015, l’Office européen des brevets citait 85 à 100 €/m³ pour le béton autocicatrisant, contre 80 €/m³ pour un béton classique. La même année, la revue américaine ENR estimait le surcoût de l’agent à environ 50 % par mètre cube aux Pays-Bas. La RICS, organisation professionnelle britannique, parle de près du double. La revue de Luhar et al. (2022), reprenant une estimation plus ancienne, chiffre les bactéries lyophilisées à environ 1 100 €/kg et les nutriments à environ 180 €/kg. Ces chiffres sont anciens et établis hors de France : nous n’avons trouvé aucun prix français.

Simulation indicative

Surcoût du béton seul pour 2,4 m³ de béton

Ce calcul applique les surcoûts publiés à un volume d’exemple de 2,4 m³, celui d’une dalle extérieure de 20 m² sur 12 cm, à titre d’exemple.

Hypothèse de prixPrix au m³Béton pour 2,4 m³Surcoût
Béton classique (référence)80 €192 €–
Bio-béton, estimation basse (OEB 2015)85 €204 €+12 €
Bio-béton, estimation haute (OEB 2015)100 €240 €+48 €
Surcoût de 50 % (ENR 2015)120 €288 €+96 €
Près du double (RICS), plafond160 €384 €+192 €

Hypothèses : prix de référence de 80 €/m³ (Office européen des brevets, 2015) ; surcoûts de 50 % (ENR, 2015) et « près du double » (RICS, arrondi à 100 %, donc un plafond) appliqués à cette même base par la rédaction ; béton seul, hors livraison, coffrage et pose ; prix de 2015 non actualisés, hors France. Volume donné à titre d’exemple ; le bio-béton n’est pas vendu aux particuliers en France à notre connaissance. Ce n’est pas un devis. Calcul refait par un vérificateur le 26/10/2026.

Que vend-on aujourd’hui, et peut-on l’acheter en France ?

L’entreprise néerlandaise Basilisk, issue des travaux de TU Delft, vend trois produits : un agent à mélanger au béton (Healing Agent), un mortier de réparation (MR3) et un liquide à appliquer sur les fissures (ER7). Au Royaume-Uni, le préfabricant JP Concrete a signé en 2021 un accord avec Basilisk pour intégrer son béton autocicatrisant à sa gamme de préfabriqués Sensicrete, selon le magazine Construction Management. Au 26 octobre 2026, nous n’avons trouvé ni distributeur, ni point de vente pour les particuliers, ni prix public en France.

Peut-on utiliser du bio-béton en France ?

Pas dans le cadre courant : au 26 octobre 2026, nous n’avons trouvé ni Avis technique, ni ATEx du CSTB, ni règles professionnelles pour un béton bactérien, qui relèverait donc des techniques non courantes au regard de l’assurance. Selon la Fédération française du bâtiment (décembre 2024), les techniques courantes sont notamment celles couvertes par les normes et NF DTU, des règles professionnelles acceptées par la C2P, un Avis technique figurant sur la Liste verte ou une ATEx avec avis favorable du CSTB. Pour une technique non courante, l’entreprise doit informer son assureur avant de remettre son devis, faute de quoi elle risque de ne pas être couverte pour les dommages affectant l’ouvrage après réception (FFB). Une surprime est possible.

En France, le projet SHREM, financé par l’Agence nationale de la recherche à hauteur de 338 681 € à partir de 2022, travaille sur des « éco-mortiers de réparation autocicatrisants ». En Europe, le projet HealCON (2013-2016), coordonné par l’université de Gand, a été suivi par d’autres, dont le projet MAGIC (2025-2027), qui associe l’entreprise française Soletanche Bachy à des structures autocicatrisantes pour la géotechnique.

J’ai une fissure chez moi : le bio-béton est-il une solution ?

Non, pas aujourd’hui pour un particulier : une fissure doit d’abord être diagnostiquée, car sa cause compte davantage que le produit qui la rebouche. L’agent bactérien se mélange au béton frais : il ne répare pas une fissure existante. Les produits de réparation bactériens, eux, ne sont pas distribués en France à notre connaissance, et ils ne traitent que des fissures fines et humides. Une fissure qui s’élargit, qui traverse un mur ou qui apparaît après une sécheresse relève de l’avis d’un professionnel du bâtiment, voire d’un expert. Avant de reboucher et d’isoler une façade, mieux vaut savoir comment traiter les fissures de façade avant une isolation extérieure.

Alternatives écologiques au béton traditionnel

Quels sont les avantages et les limites du bio-béton ?

Le bio-béton est surtout étudié pour des ouvrages mouillés et difficiles à entretenir, mais ce bénéfice reste à démontrer sur chantier ; ses limites sont le besoin d’eau, une baisse possible de résistance et peu de preuves sur site. TU Delft cite par exemple un mur de 25 m, dans la cave des pompes du tunnel ferroviaire de Vijfeiken, aux Pays-Bas, réalisé avec 35 % d’armatures horizontales en moins, un choix de calcul propre à ce projet et non une règle générale. Mais sur les ouvrages de démonstration suivis par TU Delft, le béton a très peu fissuré, si bien qu’il a été difficile de prouver une meilleure cicatrisation sur site, selon un article des RILEM Technical Letters.

AvantagesLimites
Referme en laboratoire des fissures plus de deux fois plus larges qu’un béton ordinaire (0,46 contre 0,18 mm)Ne fonctionne qu’au contact de l’eau liquide
Voie lactate : pas d’excès d’ammoniac, contrairement à la voie à l’uréeJusqu’à 50 % de résistance en moins à 28 jours mesurés par Jonkers avec des granulats d’argile légère (cité par Luhar et al., 2022)
Intérêt attendu pour les ouvrages enterrés ou humides, difficiles à entretenir (non démontré sur chantier)Surcoût de +6 % à près de +100 % selon des estimations de 2015 et non datées, hors France
Se mélange au béton frais, sans intervention ultérieurePas d’Avis technique trouvé en France : technique a priori non courante
–Carbone intrinsèque supérieur de 36 % par m³ dans une analyse de cycle de vie (université de Bath, 2023) ; pas de FDES trouvée
Sources : Wiktor et Jonkers, 2011 ; Luhar et al., 2022 ; Van Mullem et al., 2020 ; FFB, 2024 ; Office européen des brevets, 2015 ; université de Bath, 2023. Valeurs vérifiées le 26/10/2026.

Les bactéries restent-elles actives 200 ans ?

Ce chiffre n’est pas démontré : il s’agit d’une durée de dormance des spores annoncée en 2015, pas de la durée de vie d’un ouvrage mesurée par des essais. Le communiqué de l’Office européen des brevets indiquait que les spores pouvaient rester dormantes jusqu’à 200 ans. Les mesures publiées que nous avons trouvées portent sur quelques mois : aucune perte de viabilité après six mois dans les granules d’argile (Luhar et al., 2022).

Le bio-béton est-il vraiment écologique ?

Pas forcément : dans la seule analyse de cycle de vie que nous avons trouvée, un mètre cube de bio-béton émet plus qu’un béton classique, et son bénéfice dépend de l’usage qui en est fait. Le ciment représente environ 8 % des émissions mondiales de CO₂ selon le think tank Chatham House (2018). Une analyse de cycle de vie de l’université de Bath (Justo-Reinoso et al., 2023), menée sur une formulation particulière, trouve pour un mètre cube de béton bactérien un carbone intrinsèque supérieur de 36 %. Utilisé de façon ciblée pour réduire l’acier qui sert à limiter la fissuration, il permettrait en revanche des gains de 12 à 50 % selon la catégorie d’impact, et jusqu’à 51 kg CO₂ éq. économisés par mètre cube. Les réductions plus fortes avancées par les fabricants ne sont pas vérifiées de façon indépendante, et nous n’avons pas trouvé de fiche environnementale (FDES) pour ce type de produit dans la base INIES. Pour comparer les solutions, consultez notre classement des matériaux de construction écologiques.

Questions fréquentes

Le bio-béton est-il dangereux pour la santé ?

Pour le procédé de TU Delft, l’Office européen des brevets indiquait en 2015 que les bactéries utilisées ne présentent pas de risque pour la santé humaine. Il s’agit d’une déclaration, pas d’une étude de toxicité. Pour le béton au champignon, encore au stade de la recherche, aucune évaluation sanitaire complète n’a été publiée à notre connaissance.

Le bio-béton dispense-t-il de réparer les fissures ?

Non. Il n’agit que sur des fissures fines, en présence d’eau, et il ne traite pas la cause d’une fissure (tassement, mouvement du sol, défaut de construction). Une fissure colmatée doit continuer à être surveillée.

Peut-on acheter du bio-béton en France ?

Pas à notre connaissance : au 26 octobre 2026, nous n’avons trouvé ni distributeur ni prix public en France pour l’agent bactérien, le mortier ou le liquide de réparation de Basilisk.

Sources

  1. H. M. Jonkers, « Bacteria-based self-healing concrete », HERON vol. 56, 2011, consulté le 26/10/2026.
  2. V. Wiktor et H. M. Jonkers, « Quantification of crack-healing in novel bacteria-based self-healing concrete », Cement and Concrete Composites vol. 33, 2011, consulté le 26/10/2026.
  3. S. Luhar et al., « A Review on the Performance Evaluation of Autonomous Self-Healing Bacterial Concrete », Journal of Composites Science 6(1):23, 11 janvier 2022, consulté le 26/10/2026.
  4. T. Van Mullem et al., « First Large Scale Application with Self-Healing Concrete in Belgium: Analysis of the Laboratory Control Tests », Materials 13(4):997, 23 février 2020, consulté le 26/10/2026.
  5. Office européen des brevets, « communiqué Prix de l’inventeur européen 2015, Henk Jonkers », 21 avril 2015, consulté le 26/10/2026.
  6. Commission européenne, CORDIS, « HealCON, rapport final », projet 2013-2016, consulté le 26/10/2026.
  7. Commission européenne, CORDIS, « MAGIC », projet 2025-2027, consulté le 26/10/2026.
  8. Agence nationale de la recherche, « SHREM, éco-mortiers de réparation auto-cicatrisants », 2022, consulté le 26/10/2026.
  9. Fédération française du bâtiment, « Techniques courantes ou non courantes : quelle assurabilité pour vos travaux ? », 30 décembre 2024, consulté le 26/10/2026.
  10. L. M. Seymour, J. Maragh, A. Masic et al., « Hot mixing: Mechanistic insights into the durability of ancient Roman concrete », Science Advances 9(1), 6 janvier 2023, consulté le 26/10/2026.
  11. MIT News, « Riddle solved: Why was Roman concrete so durable? », 6 janvier 2023, consulté le 26/10/2026.
  12. Binghamton University, « Using fungi to fix bridges », 8 janvier 2018, consulté le 26/10/2026.
  13. J. Luo et al. (dont C. Jin), « Interactions of fungi with concrete », Construction and Building Materials vol. 164, 2018, consulté le 26/10/2026.
  14. TU Delft, « First railway project using Delft-developed self-healing concrete », non daté, consulté le 26/10/2026.
  15. R. Mors et H. M. Jonkers, « Bacteria-based self-healing concrete: evaluation of full scale demonstrator projects », RILEM Technical Letters vol. 4 (2019), mis en ligne le 8 avril 2020, consulté le 26/10/2026.
  16. Chatham House, « article sur la part du ciment dans les émissions de CO₂ », 12 juin 2018 (mis à jour en 2020), consulté le 26/10/2026.
  17. J. Justo-Reinoso et al., université de Bath, « analyse de cycle de vie du béton autocicatrisant bactérien », Developments in the Built Environment vol. 16, 2023, consulté le 26/10/2026.
  18. MIT News, « la start-up Dmat et la technologie du béton romain », 19 août 2026, consulté le 26/10/2026.
  19. ENR, « A Cure for the Common Crack », 30 juin 2015, consulté le 26/10/2026.
  20. RICS, « Building a sustainable future: the incredible potential of self-healing concrete », non daté, consulté le 26/10/2026.
  21. Construction Management, « Dutch self-healing concrete enters UK market », 6 juillet 2021, consulté le 26/10/2026.
  22. Basilisk, fiches des produits Healing Agent, MR3 et ER7 (site du fabricant, non lié), consultées le 26/10/2026.

Article préparé avec l’aide d’outils d’IA ; chaque donnée a été vérifiée le 26/10/2026 auprès des sources citées. Notre méthode éditoriale.

Écrit par

Guy s'intéresse depuis plus de quinze ans à l'habitat et à la rénovation énergétique. Il a travaillé dans le numérique pour de grands acteurs de l'énergie et du chauffage, au contact des solutions de rénovation : isolation, pompes à chaleur, chauffage au bois, eau chaude sanitaire. Il a mené la rénovation énergétique de sa propre maison. Sur Maison Responsable, chaque article s'appuie sur des sources officielles (ADEME, France Rénov', service-public.fr) et il est mis à jour quand les aides ou la réglementation changent.

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