7 secrets pour réussir le compostage en hiver

10 minutes de lecture.

La saison de jardinage touchant à sa fin, beaucoup d’entre nous s’attendent à ce que leur compost soit mis en sommeil pour l’hiver. En attendant que le dégel printanier redonne vie à la terre, nous ne prêtons guère attention à ces couches dormantes de matière végétale gelée.
Et par conséquent, au moment de planter, nous nous retrouvons obligé d’acheter des sacs de compost pour nos semis, car les microbes de notre jardin commencent à peine à se réveiller. Pourtant, si vous avez déjà un compost « qui roule bien », il est tout a fait possible de le maintenir tout l’hiver ! Et voici comment.

En entretenant votre compost pendant les frimas de l’hiver, vous soutenez un écosystème autonome tout au long de l’année. Votre compost contient une profusion de microbes vivants, ainsi que des vers qui travaillent dur et qui meurent à des températures inférieures à 4,5 degrés. Ces vers se protègent généralement en s’enfouissant profondément sous terre en hiver, mais ils ne comprennent pas que votre compost est au-dessus du sol, et ils s’enfouiront simplement aussi profondément que possible au centre, ce qui menace leur survie !

Pour les aider, commencez par récolter le compost fini à l’automne, afin d’avoir suffisamment de place pour les ajouts à décomposition plus lente de l’hiver. Utilisez votre compost d’automne sur les plantes d’intérieur, répandez-le sur la pelouse ou les massifs de vivaces. Une fois cela fait, vous êtes prêt à prendre un nouveau départ ! Avec un peu de préparation, vous pouvez avoir un compost frais et fini, prêt tout juste pour les plantations de printemps.

1. L’emplacement, l’emplacement, l’emplacement !

Tout comme les chauves-souris préfèrent un coin chaud et abrité pour se percher, les microbes de votre compost se développeront dans les mêmes conditions. Essayez de placer votre compost d’hiver près d’un mur extérieur ou tout autre pare-vent. Déterminez d’où viennent les vents dominants en hiver et placez le compost du côté opposé de la maison, du garage ou de la remise. Idéalement, ce sera sur un mur orienté vers le sud, où l’exposition solaire directe aidera à le réchauffer pendant les jours ensoleillés.Idéalement, le compost sera placé près d’un mur épais pour que ce dernier restitue la nuit la chaleur emmagasinée le jour. 

Imaginez également vos déplacements en hiver pour aller jeter vos déchets de cuisine : vous vous remercierez d’avoir prévu un itinéraire court, peut-être même à portée d’une lampe extérieure pour les longues nuits de janvier.

2. Mettez tout en vrac

C’est une simple question de physique : toute grande masse met plus de temps à perdre sa chaleur qu’une masse plus petite. Les couches extérieures protègent le noyau interne. Utilisez les feuilles d’automne qui recouvrent le jardin ; elles constituent une ressource fantastique pour les composteurs sérieux. Retirez toutes les plantes annuelles épuisées de votre jardin et coupez le feuillage fané des plantes vivaces. Cela devrait vous donner une bonne épaisseur après avoir vidé tout le compost fini pour le paillage et la fertilisation de l’automne. Les déchets de jardin volumineux que vous ajouterez auront l’avantage d’améliorer la texture et d’augmenter les poches d’air internes, un autre élément isolant essentiel. Si vous n’avez pas de déchets de jardin, vous pouvez ajouter du papier ou du carton déchiqueté, en évitant tout papier brillant ou encre de couleur.

3. Ne laissez pas le sol gelé vous voler votre chaleur

Si vous vivez au nord de notre beau pays, ou dans nos montagnes; vous devez apprécier autant que moi la glace et la neige. Mais votre compost les déteste ! Toute personne ayant un jour campé en hiver peut témoigner que la couche entre le corps et le sol est la barrière la plus cruciale pour survivre à une nuit dans un climat glacial : sans un bon tapis de sol, la terre gelée vous prive impitoyablement de votre chaleur corporelle. Il en va de même pour votre compost.

Si vous avez un tambour, vous protégez déjà votre compost du sol froid, mais de nombreux composteurs commerciaux en plastique reposent directement sur le sol. L’idéal est de surélever le vôtre sur une palette en bois avec de la paille ou plusieurs couches de carton en dessous ; si ce n’est pas pratique, veillez à ajouter beaucoup de feuilles mortes, de paille ou de papier déchiqueté dans le fond. Si vous aimez les données mesurables, vous pouvez acheter un thermomètre à compost qui vous permettra de suivre exactement l’évolution du cœur de votre compost en fonction des conditions climatiques. En recueillant ces informations, vous pourrez mieux planifier l’hiver prochain.

4. Isolez pour un hiver douillet

Comme le compost produit sa propre chaleur, il peut avoir besoin d’un peu d’aide pour conserver cette chaleur pendant les mois les plus froids. Si vous avez un tas de base ou un tas ouvert, il suffit de le recouvrir pour y parvenir. Construisez un petit toit, ou utilisez simplement une bâche (une bâche de couleur foncée maximise le gain solaire). Recouvrez le dessus de votre compost d’une épaisse couche de paille ou de feuilles mortes (vous devrez enlever une partie de cette couche isolante chaque fois que vous ajouterez de nouveaux matériaux). Des murs simples, faits de clôtures ou de palettes et doublés de paille ou de carton, complètent le confinement.

Si vous voulez être plus sérieux, essayez des parpaings pour les murs. Une autre stratégie consiste à creuser un trou pour votre compost directement dans la terre – ou mieux encore, sur le flanc d’une colline – où les sous-couches naturellement plus chaudes de la terre l’empêcheront de geler. Tapissez la fosse de paille ou d’un autre isolant carbone.

Envisagez de déplacer un tambour ou un autre système portable contenu dans un garage ou une dépendance, où les murs fourniront une certaine mesure d’isolation. L’Aerobin est en fait conçu avec des doubles parois isolées et est construit pour fonctionner toute l’année. Aucun retournement n’est nécessaire avec l’Aerobin, ce qui en fait un choix idéal à faible entretien et à l’abri des rongeurs pour de nombreuses familles qui souhaitent garder leur compost actif toute l’année. Un bac isotherme est un autre choix propre et peu odorant pour l’intérieur. Les deux fonctionnent également très bien à l’extérieur. Si vous gardez un composteur non isolé à l’extérieur, vous pouvez empiler des bottes de paille ou des sacs de feuilles mortes autour.

Quoi d’autre peut être utilisé pour isoler en hiver ? La neige ! Bien que cela puisse sembler contre-intuitif, empiler des congères de neige de tous les côtés de votre compost l’aidera en fait à maintenir la chaleur à l’intérieur – surtout si vous séparez la neige du compost avec des couches de carton ou d’un autre isolant neutre. La neige maintient sa température interne autour du point de congélation.

5. Équilibrez vos « verts » et vos « bruns ».

Les « verts », comme les déchets de cuisine, les mauvaises herbes et les tontes de gazon, fournissent de l’azote, tandis que les « bruns », comme les feuilles mortes, les copeaux de bois, la paille et les produits en papier, ajoutent du carbone. Les deux sont essentiels en quantités relativement égales – en poids. Familiarisez-vous avec vos sources locales de carbone, car nous ajoutons généralement beaucoup d’azote avec nos déchets de cuisine. Hachez ou râpez les gros morceaux pour obtenir une meilleure texture.

N’oubliez pas que les légumes verts sont généralement plus dense(imaginez un seau de déchets de légumes par rapport au même seau de feuilles sèches). Pour chaque seau de légumes verts, ajoutez 2 ou 3 seaux de végétaux bruns. Le saupoudrage est essentiel pour éviter l’agglutination, favoriser un mélange uniforme des deux éléments et ajouter de petites poches d’air isolantes. Le fait d’ajouter les bruns en dernier, en guise d’engrais de surface, permet également de réduire les odeurs et les insectes.

L’automne est le moment idéal pour récupérer la paille ou tout autre paillis que vous avez utilisé pendant l’été sur vos plates-bandes. Laisser la paille en décomposition sur votre parcelle de baies, par exemple, peut favoriser la croissance de champignons sur les plantes. Rappelez-vous que tous ces matériaux riches en carbone sont plus difficiles à trouver (et plus désagréables à ramasser) pendant l’hiver, alors stockez-les dès maintenant : remplissez plusieurs sacs de feuilles, de vieux paillis ou de sciure de bois propre et non traitée et gardez-les dans un endroit abrité près de votre compost pour un accès facile.

6. Restez attentif à l’humidité : ni trop humide, ni trop sec

Les problèmes de régulation de l’humidité varient selon l’endroit où vous vivez. Pour ceux qui vivent dans des climats pluvieux comme le nord-ouest, le compost détrempé peut devenir la norme en hiver. Heureusement, ce problème peut être résolu ! Le même toit ou la même bâche qui aide à isoler votre tas de compost empêchera également les précipitations excessives. Tous vos « bruns » favorisent également un bon drainage. Un humidimètre permet de le vérifier facilement sans se salir les mains.

Si votre compost s’assèche, comme c’est le cas dans les climats plus secs, vos microbes vitaux mourront. L’un des avantages du compostage hivernal est que le dessèchement est rarement un problème – mais si votre région a un taux d’humidité très bas, vous devrez peut-être ajouter de l’humidité jusqu’à ce que le matériau soit aussi humide qu’une éponge essorée.

7. Utiliser des additifs pour le compost

Dois-je acheter un activateur de compost ou un inoculateur de compost ? 

Un activateur de compost est essentiellement une source d’azote concentré, et n’est recommandé que si vous essayez de composter de grandes quantités de matières riches en carbone, comme des feuilles sèches. Les composteurs domestiques ont rarement besoin de tels aditifs, car nous avons tous une excellente source de matières riches en azote dans notre seau de cuisine, à condition de manger des légumes à la maison. Les tontes de gazon fraîches sont une autre source abondante d’azote si nous avons des pelouses à tondre. Si vous recherchez un activateur particulièrement puissant, essayez le fumier de poulet ou les feuilles vertes de consoude (pas les racines !), si vous en avez dans votre jardin.

L’inoculateur de compost, quant à lui, contient des microbes utiles pour faire démarrer le processus naturel de fermentation et de décomposition. Ces microbes sont abondants dans le monde naturel qui nous entoure, en particulier dans les matières vertes et brunes que nous mettons dans nos tas et nos tonneaux. Si vous craignez que votre compost soit lent et manque de microbes, ajoutez quelques poignées de terre de jardin riche ou de compost fini provenant d’une autre source.

Bonne chance ! Faites-nous savoir comment vous résolvez vos problèmes de compostage hivernal dans les commentaires ci-dessous. Et n’oubliez pas qu’heureusement, le processus est solide : même si votre compost gèle, le temps chaud viendra relancer le cycle éternel. 

Laisser un commentaire