Comment se chauffer au bois sans cheminée ?

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Si vous vivez dans une maison sans conduits de cheminée, vous pensez – peut être – être privé de la joie de voir danser les flammes tout en se chauffant moins cher…. Et bien détrompez vous. En fait, c’est tout a fait possible ! Et la solution se présente souvent sous la forme d’un gros tube en inox – généralement isolé. Et il peut être installé selon trois modèles : la sortie en toiture (que l’on voit partout), la sortie en façade et la sortie en ventouse. Avec cela vous pourrez enfin bénéficier de tous les avantages du chauffage au bois !

Si cet article concerne les maisons construites avant 2006 (la réglementation imposant la présence d’un conduit d’évacuation des fumées pour chaque logement construit depuis cette date), vous y trouverez aussi des conseils utiles si votre conduit n’est pas placé la ou vous souhaiteriez installer votre poêle à bois. Alors concrètement ca donne quoi ?

Quelle norme pour installer un conduit de cheminée chez moi ?

Puisque l’on vit en France, pays qui aime les codes et codifications, nous n’échapperons pas à l’étude de la Norme NF DTU 24.1 avant tout projet d’installation d’une conduite d’évacuation des fumées relatives à un appareil qui brule du bois, comme une chaudière biomasse par exemple. La norme NF DTU 24.1 représente LE document normatif de référence pour tout ce qui a trait à l’installation des conduits de fumée et ouvrages de fumisterie. Elle décrit précisément toutes les règles de conception et de mise en œuvre des conduits de fumée, des tubages, des conduits de raccordement, et des carneaux – et ce pour tous les types d’appareils destinés à être branchés dessus (Chaudières, poêles, cheminées, inserts… bref tout ce qui contient du bois qui brule ! Pour d’autres combustibles on reste dans les Documents Techniques Unifiés (DTU) mais avec d’autres textes, comme la DTU 61.1 pour le Gaz par exemple). Elle décrit aussi les normes posées relatives à l’entretien des dits tubes et les points à respecter dans tous projets de modification de ces installations (tubage ou chemisage de conduits existants par exemple)

Les principaux points abordés par la DTU 24.1 :

Diamètre minimum du conduit installé : le plus petit diamètre nominal d’un conduit de fumée de section circulaire ne doit pas être inférieur à 180 mm pour un foyer ouvert, et à 150 mm pour les inserts fonctionnant uniquement à foyer fermé.

Le dépassement de faîtage : Il doit dépasser d’au moins 40 cm de toute construction située à moins de 8 mètres. En d’autres termes, chaque nouvelle sortie de cheminée doit être située 40 cm plus haut que tout ce ce qui est construit et qui l’entoure dans un rayon de 8 mètres. Cela prend en compte d’éventuels autres cheminées et dans tous les cas le faîtage du toit.

Le dévoiement des conduits de cheminée individuels métalliques : même si la norme impose que le tracé doit « être le plus simple possible », le dévoiement est autorisé à la condition que le conduit ne compte pas plus de deux coudes séparant des parties droites d’une longueur inférieure ou égale à 5 mètres chacun. En outre l’angle de ces coudes ne peut excéder 45° avec la verticale.

Distance de sécurité par rapport aux matériaux combustibles environnant le conduit : Calculée par rapport à la paroi extérieure du conduit, la distance est déterminée en fonction de la résistance thermique (Ru) de la paroi du conduit et de sa classe thermique (T). On l’aura comprit, elle varie selon la résistance thermique du conduit (isolé ou non) et la température des fumées – elle même dépendante du type d’appareil que l’on y reliera.

Raccordement de l’appareil à son système d’évacuation des fumées : l’intégralité de la section extérieure d’un conduit métallique doit se situer dans la pièce où se trouve l’appareil de chauffage. La liaison ne doit pas être positionnée dans l’épaisseur du plafond ou dans le volume d’un faux plafond. En d’autres termes, si la jonction entre le poêle et le conduit de cheminée n’est pas étanche, il faut pouvoir le voir (et le sentir car cela sentira fortement la fumée dans la pièce). En outre, La longueur maximale du raccordement doit être de 3 m.
Le conduit de raccordement doit avoir maximum 2 coudes. Ces coudes peuvent être de 90° maximum pour tous les appareils, sauf pour les inserts à foyer fermé, pour lesquels les coudes sont limités à 45° maximum (selon la DTU 24.2).
Les conduits de raccordement doivent présenter une étanchéité compatible avec le bon fonctionnement de l’appareil de combustion.
La section du conduit de raccordement doit être égale ou supérieure à la section intérieure de la buse de l’appareil de combustion.
Les conduits de raccordement doivent permettre l’entretien et la dépose de l’appareil et demeurer démontables.

Si les tubes traversent des étages : le coffrage qui protège le conduit isolé doit être ventilé (en haut et en bas pas au milieu bien sur), et utiliser des matériaux M0 et M1 (incombustibles).
Les traversées de planchers doivent permettre la libre dilatation des conduits.
Une plaque de distance de sécurité doit être installée à chaque traversée de planchers et plafonds.

Enfin la signalétique doit être correcte : une plaque de signalétique doit impérativement être fixée soit au niveau du débouché, soit à l’entrée du conduit; Cette plaque précise les caractéristiques techniques du conduit.

A noter que la version 2020 du DTU impose quelques autres éléments – notamment la présence d’un chapeau pare-pluie (sauf si une purge existe en pied de l’installation) ou la présence d’un embout de finition sur la partie supérieure pour éviter les blessures lors du ramonage. Il existe un très bon résumé des nouvelles normes dans ce billet de blogue

Pour être sur d’avoir un conduit aux normes, n’hésitez pas à faire appel à un installateur qualifié, certifié Qualibois/RGE. Lui seul pourra établir un diagnostic complet et réaliser la mise aux normes de votre conduit si nécessaire.

Quelle installation pour créer un conduit de cheminée chez soi ?

La sortie de toiture – la méthode « historique »

La mise en place d’un conduit d’évacuation des fumées traversant les planchers et les murs pour sortir par le toit représente la solution la plus classique et « historique » pour les cheminées. Demandez à un enfant de dessiner une maison : il y ajoutera naturellement la cheminée au dessus du toit. La sortie de toiture est une solution fonctionnelle, néanmoins, elle implique un certain nombre de travaux qui peuvent vite s’avérer pharaoniques selon la manière dont a été construite votre maison ou les matériaux qui la compose.

La sortie de façade : la solution pas chère mais …

Si vos finances ou votre tranquillité vous interdisent le gros chantier que peut représenter une sortie des fumées par les toitures, la sortie de façade représente une alternative plus simple et donc moins onéreuse. Il s’agit ici de faire sortir le tuyau d’évacuation des fumées par l’un des murs extérieurs de la maison. Malheureusement, cette solution quoique moins chère, n’est pas toujours la meilleure solution : avec le temps des taches noires dues à la fumée ne manqueront pas d’apparaitre sur votre façade. D’autre part, cette option ne peut être envisagée dans les immeubles, en raison de la dispersion des fumées vers les étages supérieurs.

La sortie en ventouse : la solution idéale ?

La sortie en ventouse – en toiture ou en façade – constitue généralement la meilleure alternative, dans ce cas, le tube d’évacuation permet également d’alimenter le système en air frais pour la combustion. Mais gardez en tête que ce type d’évacuation n’est autorisé que pour les poêle à pellet, en aucun cas il ne peut être mis en place pour des systèmes à buches. Avec la sortie en ventouse, le tube d’évacuation peut être installé soit sur la façade, soit sur le toit de l’habitation. Le tube pour la sortie en ventouse se présente généralement sous la forme de 2 tubes concentriques (l’un dans l’autre), le tube intérieur servant pour les fumées et le tube extérieur pour acheminer de l’air au sein du poêle pour la combustion des pellets. La ventouse fonctionne donc comme un échangeur de chaleur puisque l’air entrant par le tube extérieur est réchauffé au contact du tube intérieur chauffé par les fumées de la combustion. Grand avantage de la sortie par ventouse, l’amélioration d’environ 10% du rendement de l’appareil de chauffage.

Quel type de conduit installer pour son poêle à bois ou sa cheminée ?

Généralement on utilisera des conduits (isolés) de 150 mm de diamètre pour les poêles à bois (contre 80 pour les poêles à granulés ou 180 mm pour les inserts & les foyers ouverts). Bref tout dépend de ce que vous voulez installer au bout de votre conduit…. Mais on ne va pas s’arrêter la, car quelques règles simples existent et vous aideront à choisir. Les voici.

  • La section du conduit de fumée devra être la même sur toute sa hauteur: Il est expressément interdit de bricoler des conduits de diamètres, d’épaisseurs, de marques différents, pour les ajuster tant bien que mal (généralement mal, vu que ce n’est pas fait pour cela). EN faisant cela vous ne pourrez pas garantir une étanchéité « durablement parfaite » : et n’oubliez pas que la combustion produit du monoxyde de carbone et que ce gaz tue quasiment a coup sur si on y est trop longtemps exposé (en fait il empêche vos poumons d’absorber l’oxygène). Donc votre vie vaut surement plus que les quelques euros que vous pourriez économiser en « bricolant ».
  • La section du conduit est définie par le constructeur du poêle: s’il est prescrit « 180 » par exemple, vous pouvez très bien installer un conduit de « 230 », mais pas « 150 ». C’est une prescription d’installation à respecter obligatoirement.
  • Le conduit ne peut être inférieur au diamètre de la buse pour un poêle et 180 mm pour un insert ou un foyer fermé susceptible de fonctionner porte ouverte. Ca parrait logique, mais autant le dire !
  • Le conduit de fumée (comme le conduit de raccordement) doit être conçu pour être ramonable. Logique aussi non ?
  • S’il est placé en intérieur, il sera obligatoirement isolé.
  • Si le conduit sort sur les côtés du toit (« sur le rampant ») et non 40 cm au dessus du faîtage comme le prescrit la DTU, alors le conduit doit obligatoirement être concentrique isolé et étanche.

Combien coute la construction d’un conduit de cheminée dans ma maison ?

Le prix pour la construction d’un conduit est relativement difficile à définir à moins de disposer au préalable d’un plan précis de l’implantation du tubage. Néanmoins, selon les données des installateurs, pour une maison classique, le prix d’une telle installation se situe généralement entre 2 000 et 3 000 € pour un poêle à bois qui chauffe toute la maison doté d’une sortie d’un diamètre de 150 mm. Pour entrer plus dans le détail, sachez qu’un tube de 1m en inox/galva coûte en moyenne 150 € HT. À cela, vous devez ajouter ajouter les accessoires et une sortie de toiture (500 € HT pour la moins chère) et bien entendu les frais d’intervention de votre professionnel.

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