Partager la publication "Pompe à chaleur ou chaudière fioul : combien coûte chaque solution en 2026 ?"
Mis à jour le 26 octobre 2026 · Chiffres vérifiés le 26 octobre 2026
Ce qui a changé le 26 octobre 2026
- Calcul refait aux prix d’octobre 2026 : fioul à 1,93 €/L (relevé DGEC du 16/10/2026) et électricité au Tarif Bleu du 1er août 2026 ; les prix de 2022 et le « bouclier tarifaire » sont retirés.
- Performances réelles mesurées par l’ADEME (SCOP moyen de 2,9) à la place d’un SCOP théorique unique de 3,3 ; le seuil de rentabilité, faux dans la version précédente, est corrigé.
- Ajout des aides en vigueur depuis le 1er septembre 2026 (MaPrimeRénov’ par geste, dépose de cuve, offre intégrée du 1er octobre 2026) et des annonces du 15 octobre 2026 sur le biofioul.
- Nouvelle simulation pour 3 maisons, prix d’équilibre du fioul, reste à charge et checklist des radiateurs.
Entre une pompe à chaleur et une chaudière fioul, la pompe à chaleur air/eau coûte aujourd’hui le moins cher en énergie : 1 kWh de chaleur revient à environ 0,07 € avec une PAC de performance moyenne (SCOP 2,9), contre 0,23 à 0,26 € avec une chaudière fioul, soit trois à quatre fois moins. L’écart reste favorable à la PAC même avec un SCOP de 1,8, niveau des PAC les moins bien réglées suivies par l’ADEME ; le choix dépend surtout du coût d’installation, des aides, de la compatibilité de vos radiateurs et de la place de l’unité extérieure. Prix du fioul de la semaine du 16 octobre 2026, électricité au Tarif Bleu du 1er août 2026, aides en vigueur au 26 octobre 2026, pour une maison individuelle en France métropolitaine.
L’essentiel
- Pour une maison qui brûle environ 1 780 litres de fioul par an dans une chaudière des années 1990, la facture d’énergie passe d’environ 3 440 € au fioul à environ 900 € d’électricité avec une PAC de SCOP 2,9 (simulation indicative ci-dessous).
- Avec un SCOP de 2,9, la PAC reste moins chère en énergie tant que le fioul ne redescend pas sous environ 0,50 à 0,57 €/L, un niveau très inférieur au prix d’octobre 2025 (1,11 €/L).
- Vous pouvez garder, entretenir et réparer votre chaudière fioul : seule l’installation d’une chaudière neuve est interdite depuis le 1er juillet 2022.
- En métropole, MaPrimeRénov’ finance la PAC air/eau (3 000 à 5 000 € selon les revenus) et la dépose de la cuve (400 à 1 200 €) ; les ménages aux revenus supérieurs et les PAC hybrides n’y ont pas droit.
- Le résultat dépend surtout de l’installation : température d’eau, dimensionnement et réglage. Faites vérifier vos radiateurs avant de signer.
Pompe à chaleur ou chaudière fioul : laquelle coûte le moins cher en énergie ?
Une pompe à chaleur air/eau de performance moyenne produit 1 kWh de chaleur pour environ 0,07 €, contre 0,23 à 0,32 € pour une chaudière fioul selon son âge, aux prix d’octobre 2026. Ce coût se calcule ainsi : prix de l’énergie achetée divisé par le rendement de l’appareil. Une chaudière fioul transforme 60 à 83 % de l’énergie du fioul en chaleur selon son âge (valeurs conventionnelles du DPE) ; une pompe à chaleur air/eau produit en conditions réelles 2,9 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité en moyenne, parce qu’elle puise le reste dans l’air extérieur.
Deux indicateurs servent à la comparaison. Le rendement d’une chaudière fioul est la part de l’énergie du combustible qui devient de la chaleur utile. Le SCOP (coefficient de performance saisonnier) d’une pompe à chaleur est la chaleur produite sur une saison divisée par l’électricité consommée : un SCOP de 2,9 signifie 2,9 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité.
Combien coûte 1 kWh de chaleur au fioul et à l’électricité aujourd’hui ?
Mi-octobre 2026, le fioul domestique coûtait en moyenne 1,93 € le litre, et l’électricité 0,2001 € le kWh au Tarif Bleu Base depuis le 1er août 2026. Le prix moyen du fioul domestique, pour une livraison de 2 à 5 m³, était de 193,08 centimes le litre TTC la semaine du 16 octobre 2026, contre 110,83 centimes un an plus tôt, soit environ +74 % selon la note hebdomadaire de la DGEC. Un litre de fioul contient environ 10 kWh d’énergie (pouvoir calorifique inférieur, selon les données du Comité professionnel du pétrole) : le kWh de fioul acheté revient donc à environ 0,19 €. Côté électricité, le Tarif Bleu option Base en 6 kVA est de 0,2001 € TTC le kWh depuis le 1er août 2026 (grille tarifaire publiée par EDF), après une hausse moyenne de 2,51 % TTC des tarifs bleus résidentiels décidée sur proposition de la Commission de régulation de l’énergie.
Le prix du fioul est beaucoup plus volatil que celui de l’électricité. Il avait baissé de 6 % sur un an en 2025 selon le service statistique du ministère de la Transition écologique (SDES), avant de remonter fortement en 2026. Toute comparaison doit donc être datée, et testée avec un prix plus bas, comme dans la simulation ci-dessous.
Quel rendement réel pour une chaudière fioul ?
Une chaudière fioul a un rendement de génération de 60 à 83 % selon son âge et sa technologie, d’après les valeurs conventionnelles de l’ancienne méthode du diagnostic de performance énergétique. Ces valeurs, fixées par l’arrêté DPE du 9 novembre 2006, et remplacées depuis par la méthode du DPE de 2021, restent des ordres de grandeur et non des mesures sur votre installation : une chaudière surdimensionnée ou mal réglée fait moins bien.
| Chaudière fioul | Rendement de génération conventionnel | Coût du kWh de chaleur (fioul à 1,93 €/L) |
|---|---|---|
| Installée jusqu’en 1988 | 60 % | 0,32 € |
| Installée de 1989 à 2000 | 73 % | 0,26 € |
| Installée depuis 2001 (standard) | 78 % | 0,25 € |
| Basse température | 80 % | 0,24 € |
| Condensation | 83 % | 0,23 € |
Une chaudière à condensation ne condense, et n’atteint son meilleur rendement, que si l’eau revient des radiateurs plus froide que le point de rosée des fumées : c’est la température de retour qui compte, pas celle de départ (Ressources naturelles Canada). Sur un réseau de radiateurs dimensionné pour une eau très chaude, le gain de la condensation est souvent partiel.
Quel SCOP attendre d’une pompe à chaleur qui remplace une chaudière fioul ?
Comptez sur une performance de 2,9 en moyenne sur la saison : c’est le coefficient de performance mesuré par l’ADEME sur les pompes à chaleur suivies, installées en remplacement de chaudières gaz ou fioul. La campagne de mesure, pilotée par l’ADEME et réalisée par Enertech sur une centaine de PAC en maison individuelle (90 air/eau, 10 géothermiques, rapport ADEME/Enertech), montre de grands écarts : certaines dépassent un COP de 4, les moins bien optimisées peinent à atteindre 1,8, selon l’ADEME. Pour les PAC air/eau, les SCOP annoncés par les fabricants sont en moyenne 29 % plus élevés que les SCOP mesurés, selon la synthèse de négaWatt : ne prenez pas la fiche technique pour une promesse de facture.
La température de l’eau envoyée dans les radiateurs pèse le plus : baisser cette température de 10 °C fait gagner 1 point de COP (ADEME). Le COP est environ 25 % plus élevé avec un plancher chauffant qu’avec des radiateurs (négaWatt).
Simulation indicative
Coût annuel du chauffage : fioul ou pompe à chaleur, pour 3 maisons
Ce tableau compare la facture annuelle d’énergie (hors abonnement) pour le chauffage d’une même maison, avec sa chaudière fioul actuelle ou avec une pompe à chaleur air/eau de performance faible, moyenne ou bonne.
| Maison (besoin de chaleur) | Chaudière fioul | Fioul consommé | Facture fioul | PAC SCOP 1,8 | PAC SCOP 2,9 | PAC SCOP 4 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| A, rénovée (9 000 kWh) | 73 % | 1 233 L | 2 380 € | 1 000 € | 621 € | 450 € |
| A, rénovée (9 000 kWh) | 83 % | 1 084 L | 2 094 € | 1 000 € | 621 € | 450 € |
| B, 120 m², isolation moyenne (13 000 kWh) | 73 % | 1 781 L | 3 438 € | 1 445 € | 897 € | 650 € |
| B, 120 m², isolation moyenne (13 000 kWh) | 83 % | 1 566 L | 3 024 € | 1 445 € | 897 € | 650 € |
| C, peu isolée (20 000 kWh) | 73 % | 2 740 L | 5 290 € | 2 223 € | 1 380 € | 1 000 € |
| C, peu isolée (20 000 kWh) | 83 % | 2 410 L | 4 653 € | 2 223 € | 1 380 € | 1 000 € |
Pour la maison B, la PAC consomme environ 4 480 kWh d’électricité par an avec un SCOP de 2,9 (13 000 ÷ 2,9). L’économie atteint environ 2 490 € par an avec une PAC de SCOP 2,9, une fois déduits environ 48 € par an d’abonnement électrique supplémentaire. Avec le fioul au prix d’octobre 2025 (1,11 €/L) et l’électricité au prix actuel, elle tomberait à environ 1 030 € par an, et à environ 480 € avec une PAC de SCOP 1,8 (surcoût d’abonnement déduit) : l’avantage de la PAC demeure, mais son ampleur dépend du prix du fioul et de la qualité de l’installation.
Hypothèses. Besoins : chauffage seul (hors eau chaude, cuisson et entretien), choisis pour 3 profils ; le profil B correspond à l’ordre de grandeur de 1 800 L par an cité pour une maison normalement isolée de 120 m² par Frédéric Plan, délégué général de la FF3C (Connaissance des Énergies, 25/11/2025). Prix : fioul à 1,9308 €/L TTC (DGEC, semaine du 16/10/2026) et 1,1083 €/L au 10/10/2025 ; 10 kWh par litre ; électricité à 0,2001 €/kWh TTC (Tarif Bleu Base 6 kVA, 01/08/2026), utilisée comme prix moyen approché aussi en option Heures creuses (heures pleines 0,2142 €, heures creuses 0,1589 €). Abonnement supplémentaire de 48 € par an pour passer de 6 kVA Base (15,86 €/mois) à 9 kVA Heures creuses (19,88 €/mois), déduit seulement dans le calcul d’économie (grille Tarif Bleu EDF au 01/08/2026). Performances : rendements conventionnels du DPE ; SCOP 1,8, 2,9 et 4 d’après la campagne de mesure de l’ADEME. Formules : facture fioul = besoin ÷ rendement ÷ 10 × prix du litre ; facture PAC = besoin ÷ SCOP × prix du kWh. Calcul refait par un vérificateur le 26/10/2026.
À partir de quel prix du fioul la pompe à chaleur n’est-elle plus rentable ?
Sur la facture d’énergie, la pompe à chaleur ne perdrait l’avantage que si le fioul retombait sous environ 0,50 à 0,57 €/L avec une PAC de SCOP 2,9, ou sous 0,81 à 0,92 €/L avec une PAC mal réglée (SCOP 1,8). Ces seuils restent sous le prix d’octobre 2025 (1,11 €/L) et très loin de celui d’octobre 2026 (1,93 €/L). Ces seuils comparent seulement le coût de l’énergie, hors abonnement, au prix du kWh d’électricité du 1er août 2026.
| Chaudière remplacée | PAC SCOP 1,8 | PAC SCOP 2,9 | PAC SCOP 4 |
|---|---|---|---|
| Rendement 73 % | 0,81 €/L | 0,50 €/L | 0,37 €/L |
| Rendement 83 % | 0,92 €/L | 0,57 €/L | 0,42 €/L |
On peut lire le même calcul dans l’autre sens : au prix d’octobre 2026, une PAC consomme moins cher qu’une chaudière fioul dès que son SCOP dépasse 0,76 (chaudière à 73 %) ou 0,86 (chaudière à condensation). Les PAC les moins bien réglées suivies par l’ADEME, autour de 1,8, restent nettement au-dessus. La version précédente de cet article annonçait un seuil de 1,3 : il était erroné.
Pompe à chaleur ou chaudière gaz : le même calcul pour une maison chauffée au gaz
Combien coûte le passage du fioul à la pompe à chaleur, aides déduites ?
Une pompe à chaleur air/eau posée coûte de 7 500 à 16 000 € avant aides ; MaPrimeRénov’ en finance 3 000 à 5 000 € selon vos revenus, plus 400 à 1 200 € pour la dépose de la cuve à fioul. La fourchette de prix est celle relevée par Bercy décode d’après les tarifs d’Engie et d’EDF. Le coût réel dépend de la puissance, de la reprise du réseau de radiateurs et de l’accès au jardin pour l’unité extérieure.
Quelles aides pour remplacer une chaudière fioul par une pompe à chaleur ?
Depuis le 1er septembre 2026, MaPrimeRénov’ par geste ne finance plus, en métropole, que la pompe à chaleur air/eau, la pompe à chaleur géothermique ou solarothermique, le raccordement à un réseau de chaleur, la dépose de cuve à fioul et l’audit énergétique. Les montants sont fixés par revenus, dans la limite de 12 000 € de dépense pour la PAC et de 4 000 € pour la cuve, selon Service-public.fr et le guide des aides de l’Anah.
| Revenus du ménage | PAC air/eau | Dépose de cuve à fioul | Plafond MaPrimeRénov’ + CEE (par geste) |
|---|---|---|---|
| Très modestes | 5 000 € | 1 200 € | 90 % de la dépense TTC |
| Modestes | 4 000 € | 800 € | 75 % |
| Intermédiaires | 3 000 € | 400 € | 60 % |
| Supérieurs | Non éligible | Non éligible | – |
D’autres aides s’ajoutent ou se substituent :
- Coup de pouce Chauffage (CEE) : depuis le 1er janvier 2026, il n’existe plus de montant forfaitaire officiel, la prime dépend du volume de certificats, d’un coefficient de bonification et de vos revenus, et elle est versée par une entreprise signataire de la charte ; depuis le 1er septembre 2026, la prime Coup de pouce est réservée aux PAC d’un modèle agréé, selon le ministère de l’Économie. Comparez les offres avant de signer le devis.
- Offre intégrée PAC, lancée le 1er octobre 2026 : réservée aux ménages modestes et très modestes propriétaires d’une maison individuelle qui remplacent une chaudière gaz ou fioul, avec une aide moyenne estimée à 9 800 €. Elle n’est pas cumulable avec MaPrimeRénov’, selon Service-public.fr.
- TVA à 5,5 % pour les équipements de chauffage performants comme les pompes à chaleur, dans un logement achevé depuis plus de 2 ans, selon le ministère de l’Économie ; en métropole, une chaudière à combustible fossile est facturée à 20 % depuis le 1er mars 2025.
- Éco-prêt à taux zéro, sans condition de ressources, jusqu’à 50 000 € pour une rénovation globale, avec un plafond plus bas pour un geste seul (Anah).
Une PAC hybride, qui garde un appoint au fioul ou au gaz, n’ouvre plus droit à MaPrimeRénov’ depuis le 1er septembre 2026, en application de l’arrêté du 25 août 2026. Pour l’ensemble des gestes encore aidés, voyez les aides restantes geste par geste depuis le 1er septembre 2026.
Mon logement est-il assez ancien pour MaPrimeRénov’ ?
Les sources officielles divergent : Service-public.fr indique une ancienneté de 15 ans réduite à 2 ans pour l’installation d’une pompe à chaleur air/eau, tandis que le guide de l’Anah de septembre 2026 retient 15 ans, avec une exception pour le remplacement d’une chaudière fioul si la prime de dépose de cuve est demandée en même temps. Si votre maison a moins de 15 ans, faites confirmer votre éligibilité par un conseiller France Rénov’ avant de vous engager.
Qu’est-ce qui change d’ici 2027 ?
Le gouvernement a annoncé le 15 octobre 2026 la fin du double guichet MaPrimeRénov’ et CEE pour les pompes à chaleur air/eau et géothermiques à partir du 1er janvier 2027, ainsi qu’un appui à la dépose des cuves à fioul dans 109 territoires d’électrification à partir de fin novembre 2026. Ces mesures du plan d’électrification sont des annonces : leurs modalités dépendent de textes encore à publier.
En combien d’années la pompe à chaleur est-elle remboursée ?
Dans le cas type de la maison B (PAC de SCOP 2,9), une PAC à 12 000 € serait remboursée par les économies d’énergie en 3 à 5 ans au prix du fioul d’octobre 2026, et en 7 à 12 ans au prix d’octobre 2025. Le reste à charge va de 7 000 à 12 000 € selon vos revenus, MaPrimeRénov’ déduite. Avec une PAC de SCOP 1,8, il faudrait environ 3,5 à 6 ans au prix actuel, et 15 à 25 ans au prix d’octobre 2025. Ce calcul simple, à prix constants, ne tient compte ni des primes CEE, ni des frais de dépose de cuve, ni de l’entretien, ni du remplacement de chaudière évité.
| Revenus | Reste à charge (PAC à 12 000 €, MaPrimeRénov’ déduite) | Retour, fioul à 1,93 €/L | Retour, fioul à 1,11 €/L |
|---|---|---|---|
| Très modestes | 7 000 € | 2,8 ans | 6,8 ans |
| Modestes | 8 000 € | 3,2 ans | 7,8 ans |
| Intermédiaires | 9 000 € | 3,6 ans | 8,8 ans |
| Supérieurs | 12 000 € | 4,8 ans | 11,7 ans |
Mes radiateurs actuels sont-ils compatibles avec une pompe à chaleur ?
Souvent oui : d’anciens radiateurs conviennent s’ils sont assez dimensionnés pour chauffer la maison avec une eau à 55 °C au plus. Le guide de l’ADEME sur les pompes à chaleur distingue les PAC basse et moyenne température (35 à 55 °C) des PAC haute température (plus de 55 °C), qui alimentent des radiateurs exigeants ; selon l’ADEME, la performance d’une pompe à chaleur dépend principalement de la température de l’eau de chauffage. Une maison chauffée au fioul fonctionne souvent avec une eau très chaude : c’est le point à vérifier en premier.
Checklist
5 vérifications sur vos radiateurs avant de passer à la PAC
Ces questions, à poser avec l’installateur, indiquent si une PAC basse ou moyenne température suffira.
- Par temps froid, la maison reste-t-elle confortable avec une eau de chauffage autour de 50 à 55 °C ? Faites faire l’essai par votre chauffagiste, sur le circuit de chauffage seulement : la température de l’eau chaude sanitaire ne doit pas baisser, et une chaudière ancienne non prévue pour condenser ne doit pas fonctionner trop froide.
- Certaines pièces sont-elles toujours plus froides que les autres ? Un radiateur sous-dimensionné y sera le maillon faible.
- Avez-vous isolé la maison (combles, fenêtres) depuis la pose des radiateurs ? Les besoins ont alors baissé et les radiateurs existants peuvent suffire avec une eau moins chaude.
- L’installateur a-t-il calculé les déperditions pièce par pièce, et vérifié la puissance de chaque radiateur à la température d’eau prévue ?
- Un remplacement de quelques radiateurs, ou un plancher chauffant dans une extension, permettrait-il de baisser la température de toute l’installation ?
Repères : PAC basse et moyenne température de 35 à 55 °C, haute température au-delà (guide ADEME, novembre 2024) ; 1 point de COP gagné pour 10 °C d’eau en moins (ADEME, 2025). Checklist établie le 26/10/2026.
Quels radiateurs pour une pompe à chaleur ?
Peut-on garder ou réparer sa chaudière fioul ?
Oui : depuis le 1er juillet 2022, seule l’installation d’une chaudière fioul neuve est interdite ; une chaudière existante peut continuer à être utilisée, entretenue et réparée. Un décret publié au Journal officiel du 6 janvier 2022 interdit d’installer un équipement de chauffage ou d’eau chaude émettant plus de 300 g de CO2eq par kWh PCI, ce qui exclut les chaudières au fioul, avec des dérogations notamment en cas d’impossibilité technique, selon info.gouv.fr. Une chaudière fioul doit être entretenue chaque année (Service-public.fr).
Peut-on encore installer une chaudière biofioul neuve ?
Les chaudières biofioul neuves restent autorisées aujourd’hui, mais le gouvernement a annoncé le 15 octobre 2026 vouloir étendre l’interdiction aux chaudières biofioul, avec des textes attendus avant le 1er mars 2027. Tant que ces textes ne sont pas publiés, la règle de 2022 s’applique ; une chaudière biofioul neuve reste toutefois un choix risqué, puisque son interdiction est annoncée (plan d’électrification).
Que faire de la cuve à fioul ?
Faites déposer la cuve au moment du remplacement si c’est possible : c’est la solution aidée par MaPrimeRénov’ (400 à 1 200 € selon les revenus), et la demande de cette prime conditionne l’exception d’ancienneté prévue par l’Anah pour les logements de moins de 15 ans. Une cuve abandonnée doit être vidangée, dégazée et nettoyée, puis retirée ou comblée sur place avec un produit de neutralisation ; ces règles sont fixées par l’arrêté du 1er juillet 2004, et l’entreprise qui intervient remet un certificat. Ne le faites pas vous-même, et demandez un devis distinct pour ce poste.
Quels pièges éviter en passant du fioul à la pompe à chaleur ?
Les pièges les plus fréquents sont une PAC mal dimensionnée ou mal réglée, un abonnement électrique inadapté, un emplacement mal choisi, un entretien négligé et le démarchage abusif. L’ADEME estime qu’environ un tiers des PAC suivies ont des performances améliorables par une meilleure installation ou un meilleur réglage.
- Dimensionnement : exigez une étude des déperditions de la maison pièce par pièce, et non un remplacement « à puissance égale » de la chaudière ; si vous prévoyez d’isoler, dimensionnez la PAC pour la maison après travaux.
- Réglage : faites régler la loi d’eau pour envoyer l’eau la moins chaude possible selon la température extérieure.
- Compteur : vérifiez la puissance électrique souscrite ; au Tarif Bleu, l’option Base n’est plus proposée à la souscription de 9 à 36 kVA (CRE).
- Emplacement : prévoyez la place et le bruit de l’unité extérieure, et renseignez-vous en mairie sur les démarches d’urbanisme.
- Entretien : une PAC de 4 à 70 kW doit être entretenue au moins tous les 2 ans (décret n° 2020-912).
- Démarchage : le démarchage pour des travaux de rénovation énergétique est interdit par téléphone, messageries, courriel et réseaux sociaux, selon l’ANIL ; ne signez rien sur un appel non sollicité.
Si la PAC air/eau ne convient pas à votre maison, d’autres solutions existent, dont la chaudière à granulés, qui demande de la place pour le stockage, des livraisons et un ramonage : voyez pompe à chaleur ou chaudière à granulés.
À vérifier avant de vous lancer
- Votre catégorie de revenus, l’ancienneté de votre logement et les montants d’aide : Service-public.fr (fiche MaPrimeRénov’ par geste) et un conseiller France Rénov’.
- Une entreprise RGE, obligatoire pour MaPrimeRénov’ ; les travaux ne doivent commencer qu’après l’accusé de réception de l’Anah, et, selon Service-public.fr, le devis se signe une fois reçue la confirmation d’attribution de la prime.
- Pour la prime Coup de pouce Chauffage, un modèle de PAC agréé et plusieurs offres comparées.
- Si vos revenus sont modestes : comparez l’offre intégrée PAC et MaPrimeRénov’, qui ne se cumulent pas.
Questions fréquentes
Une pompe à chaleur chauffe-t-elle assez par grand froid ?
Oui, si elle est bien dimensionnée, mais sa performance baisse : pour les PAC air/eau suivies, le COP est tombé à 2 en moyenne pour une température extérieure moyenne de −4 °C en France (négaWatt). Le détail est dans notre article sur l’efficacité d’une PAC par grand froid.
Peut-on garder la chaudière fioul en relève de la pompe à chaleur ?
Techniquement oui, mais une PAC comportant un appoint fioul ou gaz n’ouvre plus droit à MaPrimeRénov’ depuis le 1er septembre 2026 (arrêté du 25 août 2026) ; vous gardez l’entretien annuel de la chaudière, le ramonage et la cuve, sans l’aide à sa dépose.
Faut-il isoler avant de remplacer la chaudière fioul ?
C’est préférable quand c’est possible : une maison mieux isolée demande une PAC moins puissante et une eau moins chaude, donc un meilleur SCOP. En rénovation d’ampleur aidée par MaPrimeRénov’, le logement ne peut plus être chauffé au fioul après les travaux, ni au gaz depuis le 1er septembre 2026 (Anah).
La pompe à chaleur peut-elle aussi produire l’eau chaude ?
Oui, dans la plupart des cas : selon le guide de l’ADEME, la plupart des pompes à chaleur de chauffage, sauf les modèles air/air, peuvent produire l’eau chaude sanitaire en chauffant un ballon, et un chauffe-eau thermodynamique indépendant est l’autre option. La simulation de cet article porte sur le chauffage seul.
Sources
- DGEC, « Cours, prix et marges des produits pétroliers en France et dans l’Union européenne », 16 octobre 2026, consulté le 26/10/2026.
- CRE, « Annexe B1 : barèmes des tarifs réglementés de vente d’électricité Bleus applicables aux consommateurs résidentiels », 15 juillet 2026, consulté le 26/10/2026.
- EDF, grille de prix du Tarif Bleu (prix TTC au 1er août 2026), document tarifaire du fournisseur historique, consulté le 26/10/2026.
- CRE, « Délibération n° 2026-147 portant proposition des tarifs réglementés de vente d’électricité », 15 juillet 2026, consulté le 26/10/2026.
- SDES, « Les prix des produits pétroliers poursuivent leur baisse en 2025 avant un rebond début 2026 », 16 juin 2026, consulté le 26/10/2026.
- Ministère de la Transition écologique, « Arrêté du 9 novembre 2006 portant approbation de diverses méthodes de calcul pour le diagnostic de performance énergétique », 2006, consulté le 26/10/2026.
- ADEME, « Comment maximiser la performance de votre pompe à chaleur air/eau », octobre 2025, consulté le 26/10/2026.
- ADEME, Enertech, « Mesure des performances de 100 PAC air/eau et eau/eau installées en maisons individuelles », octobre 2025, consulté le 26/10/2026.
- négaWatt, « L’efficacité des pompes à chaleur : un atout au service d’une stratégie de performance dans le bâtiment », 28 février 2026, consulté le 26/10/2026.
- ADEME, « Tout comprendre : les pompes à chaleur », novembre 2024, consulté le 26/10/2026.
- Service-public.fr, « MaPrimeRénov’ (MPR) », vérifié le 1er septembre 2026, consulté le 26/10/2026.
- Anah, « Les aides financières en 2026 », septembre 2026, consulté le 26/10/2026.
- Ministère de l’Économie, « Comment bénéficier de la prime Coup de pouce Chauffage », 31 août 2026, consulté le 26/10/2026.
- Service-public.fr, « Une nouvelle aide pour installer une pompe à chaleur : comment en bénéficier ? », 7 octobre 2026, consulté le 26/10/2026.
- Ministère de l’Économie, « TVA à taux réduit : pour quels travaux ? », décembre 2025, consulté le 26/10/2026.
- AIDA (Ineris), « Arrêté du 25 août 2026 modifiant l’arrêté du 17 novembre 2020 relatif aux caractéristiques techniques et modalités de réalisation des travaux », 27 août 2026, consulté le 26/10/2026.
- Ministère de l’Économie, « Lancement de la seconde phase du plan d’électrification », 15 octobre 2026, consulté le 26/10/2026.
- Ministère de l’Économie, « Bercy décode : l’installation d’une pompe à chaleur coûte-t-elle plus cher qu’une chaudière à gaz ? », 20 mai 2026, consulté le 26/10/2026.
- Gouvernement, « Fin des nouvelles chaudières au fioul ou au charbon au 1er juillet 2022 », 13 janvier 2022, consulté le 26/10/2026.
- Service-public.fr, « Entretien annuel de la chaudière : quelles règles pour le locataire ? », vérifié le 19 mai 2025, consulté le 26/10/2026.
- ANIL, « Loi contre la fraude aux aides publiques à la rénovation énergétique », 3 juillet 2025, consulté le 26/10/2026.
- AIDA (Ineris), « Décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020 relatif à l’inspection et à l’entretien des chaudières, des systèmes de chauffage et des systèmes de climatisation », consulté le 26/10/2026.
- AIDA (Ineris), « Arrêté du 1er juillet 2004 fixant les règles techniques et de sécurité applicables au stockage de produits pétroliers dans les lieux non visés par la législation des installations classées », consulté le 26/10/2026.
- Ressources naturelles Canada, « L’optimisation de l’opération des chaudières à condensation dans les bâtiments existants, un savoir-faire éprouvé », 2024, consulté le 26/10/2026.
- Association Chauffage Fioul, d’après le Comité professionnel du pétrole, « Le fioul domestique, une énergie en évolution » (pouvoir calorifique : 10 kWh/L), mars 2011, consulté le 26/10/2026.
- Connaissance des Énergies (propos de Frédéric Plan, FF3C), « Fioul domestique en France : combien en consomme-t-on et à quel prix ? » (média, cité sans lien), 25 novembre 2025, consulté le 26/10/2026.
Article préparé avec l’aide d’outils d’IA ; chaque donnée a été vérifiée le 26/10/2026 auprès des sources citées. Notre méthode éditoriale.





pour être complet ne serait il pas nécessaire de tenir compte du prix
du matériel et de son amortissement
à titre indicatif PAC coûte EUR 16000 amortissable en 10 ans, soit
EUR 1000/an alors qu’une chaudière fioul coûte EUR 7000 amortissable
en 30 ans soit EUR 230/an
par ailleurs le prix de l’électricité que vous indiquez est le prix de base
mais le prix de revient du kwh est de EUR 0.20 au moins
vous ne parlez pas non plus des frais de maintenance…..
Bonjour monsieur, merci beaucoup pour vos remarques. Je ne partage pas tous vos points. La durée de vie des appareils (et donc la durée d’amortissement) n’est pas aussi différente que cela. On parle de 15 à 20 ans pour une pompe à chaleur et de 15 à 25 ans pour une chaudière gaz (15 à 20 ans pour les modèles récents et 20 à 25 ans pour les modèles plus anciens). De plus le coût d’installation de la PAC (16K€ = fourchette haute. Généralement on considère que le prix d’une pompe à chaleur air-air avec la pose monte à environ 60 à 90 €/m², soit entre 7 200 et 10 800 € pour une maison de 120 m²). Ce qui est effectivement plus important qu’une chaudière gaz – vous avez tout a fait raison. Pour 120M2 on sera aux alentours de 5K€ pose comprise pour une chaudière à condensation. Néanmoins à ce calcul initial il faut déduire les aides gouvernementales / CEE au prix d’installation de la chaudière – en partie selon les revenus mais qui tendent à aligner les prix entre chaudière gaz & pompe à chaleur.
Quand au cout de maintenance : plutôt en faveur de la PAC qui doit être révisée tous les deux ans versus tous les ans pour le gaz (et le forfait n’est pas spécialement plus cher).
Enfin sur les tarifs. Si le gaz est bloqué jusque fin d’année il n’y a qu’a voir la courbe de son prix sur le marché pour comprendre que 2023 va sacrément piquer. Au delà de cela, même avec un KWh de 0.2€ sur l’électricité, le coefficient de performance propre aux Pompe à chaleur (en France un peu plus de 3 versus 0.9 pour une chaudière gaz haut de gamme) implique que le gaz devrait être 6 fois moins cher que l’électricité pour aligner les coûts. On en est loin, même avec le tarif bloqué.
Je maintiens donc mon point sur l’économie que représente la PAC 🙂
Mais reste ouvert à toutes vos remarques.
Merci énormément pour ce poste, cela m’a permis de certifier de faire tourner mes PAC air/air plutôt que mon chauffage au fuel cet hivers
Mais a-t-on assez de recul sur la durée de vie des PAC ? ça me fait peur quand j’entends mon entourage parler de panne de carte électronique, de sonde de température,… j’ai peur que 10 ans après l’installation qu’il faille tout changer car le modèle ne se fait plus.
qu’en pensez vous ?